
Il Ă©tait une fois, dans un royaume prospĂšre, un chien Ă qui lâon avait offert le plus vaste des jardins.
Les arbres y Ă©taient majestueux, lâherbe douce comme un tapis de velours, et lâhorizon semblait ne jamais finir.
Alors les gens du royaume murmuraient :
 âVoyez comme il est chanceux⊠il a plus dâespace que tous.â
Mais nul ne prĂȘtait attention Ă ce chien assis, chaque soir, au seuil du grand domaine.
Car derriĂšre les grilles dorĂ©es, son regard ne suivait ni le vent, ni les feuillesâŠ
Il cherchait son humain.
Car le chien nâest point fait pour rĂ©gner seul sur un territoire. Il est nĂ© pour marcher aux cĂŽtĂ©s dâun cĆur.
Et lors de ces marches, il dĂ©couvre le monde par mille senteurs, il lit les histoires laissĂ©es sur le sol, il explore, il comprend, il sâapaise.
Car pour le chien, renifler nâest pas un dĂ©tailâŠ
 câest vivre.
Et chaque jour, malgrĂ© lâimmensitĂ© qui lui Ă©tait offerte, son monde restait videâŠ
 Car un jardin, aussi grand soit-il, nâest quâun silence lorsquâil nâest pas partagĂ©.
Un ancien du royaume disait alors :
- âOn peut donner Ă un chien mille terres⊠mais sans prĂ©sence, il ne possĂšde rien.â
Et câest ainsi que lâon comprit, bien trop tard, que ce dont le chien avait besoinâŠ
Ce nâĂ©tait point dâespace.
Mais dâun lien⊠et de chemins parcourus, nez au vent, aux cĂŽtĂ©s de celui quâil aime.

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